Dialogue avec le vent
(Alain RAPON)
Un jour,
je m'éveillerai
à la chanson des vagues
Sur le clavier des sables.
Je saluerai
les oiseaux verts
et les poissons dorés
par les mornes las
et les coteaux perdus
je jetterai mes pas
et conterai ma peine
à l'alizé matinal
se cherchant en vain
un ami
Je lui dirai
ce pays mon pays
sa vraie vie avortée
et le rêve suspendu
dans l'éclatement du futur
de sa putrescence annoncée.
Je lui dirai :
ce peuple mon peuple
son élan, hélas enfoui
dans les strates
de la terre rude.
Mes mains s'ouvriront
à l'empan
de ma souffrance nègre
pour lui jouer
le tam-tam nostalgique
de la musique de l'exil
pour une race écartelée
aux cardinaux des Amériques.
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