Roberte SERVÉ

 

 

 

Le   jardin   des  sens

 Le   jardin   des  sens

 

 

 

 

 

 

 

 

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Amis de la Poésie, amis de la Nature.

 

        Bonjour et merci de nous accompagner une nouvelle

fois s ur les chemins de la POÉSIE. Vous le savez,

 d’innombrable sollicitations appellent notre attention sur

 l’extérieur, sur le monde qui nous entoure et en tourbillons

 incessants de mouvements, de bruits, d’images, brisent nos

 cadres traditionnels.

 

        Mais heureusement des sages comme

GEORGES DEVASSOIGNE tentent de rétablir un certain

 équilibre, passionné de jardinage traditionnel, amoureux de

 notre langue créole, et possédant le goût des choses de la

 Nature ; en de petits textes piquants, savoureux, colorés nous

 fait partager toutes les richesses de bonnes images,

 d’expériences, de bonheur, ramassés au quotidien et engrangés.

Georges de VASSOIGNE vient nous dire

 

-         qu’il est encore temps de renouer les liens d’une tradition

 ancestrale (la famille, les échanges entre générations,

la solidarité, la Vie simple etc.

 

-         aux déshabitués du silence et du calme, que les joies de la

 NATURE sont uniques et incomparables, c’est bien là ce qui

 nous reste d’authentique.

 

-         respecter encore et encore notre environnement dans

 toutes ses composantes.

 

-         prendre le Temps de : regarder, entendre, sentir, observer,

 toucher, voir, goûter, s’émerveiller des éléments de notre île

 (petites bêtes, petites fleurs, petits gestes….les plus humbles

 fussent-ils.

 

-         apprécier, savourer, déguster toutes les récoltes de notre

 terre surtout quand elles passent par notre cuisine.

Aussi du choix de quelques uns de ses textes entre autres :

Mariwont, Zébpyant, ponpon solda, zôti

(plantes médicinales)…gôgô, koulibri (leur chant, plumage,

 liberté) gonbo, friyapen (tradition)

 

naît « LE JARDIN DES SENS ».

 

Nous vous laissons déguster « le friyapen sauce chien » cuisson

 au feu de bois (tradition respectée) :

 

♦       Prendre un fruit à pain correctement brossé et lavé à grande eau, un bon morceau de morue dessalée, des aromates (ail, cive, citron, feuilles bois d’inde, persil, piment, en quantité suffisante).

 

♦       Couper le fruit à pain en 4. Éplucher chaque morceau séparément, éliminer la partie dure, couper chaque tranche en 2 ( on obtient 2 kawo). Conserver « le boudin et les peaux ».

 

♦       Pour cuire mettre au fond du faitout, un peu de boudin et de peau, ranger la moitié des tranches (kawo).

 

♦       Poser la morue. Ajouter les dernières tranches, y glisser 2ou 3 feuilles de bois d’inde, 2 gousses d’ail juste concassées dans leur peau, 1ou 2 brins de cives couvrir avec le reste des peaux (étouffer avec une 1/2 feuille de banane, ou 2 feuilles dachine , 2 ou 3 feuilles christophine). Poser le couvercle.

 

Préparation de la sauce au chien :

 

♦       Dans un plat creux y mettre un peu de bouillon du fruit à pain, allongé avec un peu d’eau chaude (attention au sel). Ajouter persil, cive ( lonyon péyi) coupés en dés, jus de citron, une lamelle de piment fort, ail pilé. Ajouter la morue coupée…gouter et rectifier l’assaisonnement.

 

Ajoupa Bouillon, le 18 octobre 2008.

 

 

 

Lèzalantou

 

 

 

MARIWONT

 

 

Pas i wont, kò’y plen pikan,

Dépi i santi an ti mouvman

Mariwont ka pliyé fèy li

Pou pèsonn pa rikonnèt li.

 

 

 

 

 

1 - LA   VUE

 

        Observer et retenir ce qu’on remarque, situer les objets, ne suffit pas. Il faut savoir NOMMER et CARACTÉRISER  ses sensations :

 formes, couleurs, mouvements, bruits, odeurs, saveurs :

on le fait avec des Noms particuliers, des Adjectifs, des Verbes, des Images  appropriées.

 

a)     L’Action de voir s’exprime par les verbes.

Voir, regarder, apercevoir, remarquer, distinguer, observer,

 examiner, surveiller, épier, guetter, lorgner.

 

b)    En fonction de la Lumière…..

Une lumière vive : luit, brille, rayonne,  éblouit,  aveugle.

Une lumière faible : est pâle, douteuse, grise, cendrée,   glauque,

 livide.

 

Le  jour : point, naît, se lève, baisse ; c’est l’aube, l’aurore, le plein

 jour, le crépuscule, la brume,

 

La nuit.

On dit : L’ombre, la pénombre, le demi-jour, l’obscurité, le noir, les ténèbres.

Pendant la nuit : les étoiles brillent, scintillent, palpitent.

 

c)     Les lignes et les formes.

          La ligne droite : une raie, un trait, elle peut être : horizontale, verticale, perpendiculaire,

         oblique.

 

  La ligne brisée : des angles (droits, aigus, obtus) des formes dentelées, pointues,

 

Hérissées, en dents de scie, en zig-zag.

 

 Les lignes courbes fermées : se nomment rond, cercle, ovale, elles  donnent : l’arc, le croissant, la spirale, le méandre, la volute, la torsade, l’ondulation.

La boule, la sphère, le globe, le bulbe.

 

d)    Les couleurs et les nuances.

La couleur se nomme aussi : coloris, teinte, ton, nuance, elle peut être : claire ou foncée, fraîche ou passée, vive  ,crue ,criarde, douce, fade , fanée, mate , brillante, froide, chaude.

 

Chaque couleur à ses nuances : le bleu : azur, ciel, de lin, de Prusse, pervenche.

                 Le jaune : citron, œuf, safran, ambre, coing, fauve, blond.

         Le rouge : sang, écarlate, carmin, vermillon, rose, groseille, cerise, pourpre ,

         rubis, rubicond, acajou,.

 

         Le vert : mousse, émeraude, pré, pomme, olive.

 

          Le  violet : évêque,  améthyste, aubergine.

 

          Le mauve et le lilas.

 

          Le  brun : havane, marron,  roux, rouille, bronze.

 

          Le  blanc : de neige, d’argent, ivoire, nacré.

 

          Le   noir : de jais, d’ébène,  aile de corbeau.

 

          Les   gris : fer , souris, poivre et sel.

 

 

e)     Attitudes et mouvements  

 

                   L’attitude se nomme

                   La pose, le maintien, l’allure, la tournure, elle peut être : droite, cambrée.

                    On est : assis, accoudé, adossé, appuyé, agenouillé, accroupi, couché,

                     étendu, courbé, voûté, penché, figé, affaissé, affalé, écroulé, vautré, tapi,

                     blotti, embusqué, terré.  

 

        Les mouvements

 

        Marche en avant plus ou moins rapide : cheminer, trotter, courir,  galoper, 

         foncer, fondre,  bondir, se précipiter. 

   

        Marche en arrière : reculer, rétrograder, rebrousser chemin, fuir.

 

        Vers le haut : monter, gravir, escalader, grimper, se hisser, se hausser, émerger.

 

        Vers le bas :   descendre, tomber, dégringoler, dévaler, plonger.

 

        En  rond : tourner, tournoyer, pivoter, virer, tourbillonner, rouler.

 

        En surface, en volume : grandir, croître, pousser, _ s’étendre, s’étaler,

        se propager,   s’épanouir, grossir, enfler, gonfler, dilater.

 

        Incertains ou manqués : buter, trébucher, tituber, chanceler, vaciller.

 

        Avec un choc : frapper, taper, cogner, fouetter, cingler, heurter, gifler.

 

        Amusons nous et donnons du sens à

 

à première vue…une belle vue…..avoir la vue basse…..a vue de nez…une vue de la montagne…connaître de vue….je l’ai perdu de vue…..à perte de vue ….dessiner   de vue….garder à vue…payable à vue…mon point de vue. 

 

 

Friyapen, Zaboka, Koko…èksétéra

 

 

Antan lontan,

Lè ou té ni an pyé friyapen

An pyé zaboka, an pyé koko

An pyé sitron, an pyé mango

Ou té ni manjé, ou té ni brè

Ou té ni rimèd,ou té ni désè

Ou pa té ni bizwen ayen.

Antan té ni jaden, kribich an larivyè

Krab an mang, zibyé an bwa, pwason an lanmè

Ou pa té ni pou ou di

Ni souplé, ni mèsi.

Tan fè tan, tan kité tan.

 

 

 

 

 

GONBO

 

Gonbo ka glisé tèlman

Ki lè ou rédi’y adan bouch ou

Ou pa ka wè a ki moman

I ka rivé an fon vant ou.

Ni an chen éti sa rivé

I viré dèyè gadé

Ki koté gonbo-a pasé.

 

 

 

 

 

2 - L’odorat  et  le goût

 

        Ils nous transmettent des sensations qui nous aident à connaître et à apprécier

les objets

 

a)    On sent, on respire, on flaire, on évente, on hume les odeurs, les parfums aussi bien ce qui embaume, fleure, exhale, que ce qui pue, qui empeste.

b)     Les  Odeurs se nomment : parfum, bouquet, arome, fumet, senteur, effluve, relent, émanation, exhalaison.

c)    Elles peuvent être : fortes, violentes,, persistantes, tenaces, ou faibles, discrètes, douces, légères, fugitives,  suaves, capiteuses, ou fétides, nauséabondes, poivrées,

musquées, rances, aigres, âcres, suffocantes.

a)    On goûte, on déguste, on savoure, on sirote, on se régale, on se délecte,…ou on fait la petite bouche, ou on est dégoûté.

b)    Il y a : le gourmand, le gourmet, le dégustateur, le gastronome, le goulu, le glouton

Le vorace, on est porté sur la bouche, ou sobre, tempérant.

c)    Les saveurs fondamentales : salé, sucré, acide, amer ; faute de saveur les mets sont : insipides, fades, mais ils peuvent être : épicées, relevés, savoureux, aigrelets, piquants, les boissons : fortes, les vins fruités, bouquetés, moelleux généreux.

 

ZÈB-PYANT

 

 

Zèb-pyant té lé vini gran kon an pyé bwa

Pas fèy li épi kò’y té kon ta an pyé bwa.

Men kabrit, bèf épi mouton

Té ka manjé fèy li toulong

Anpéché’y pofité.

Alow pou fè yo rété an koté

I mété an mové lodè an ko’y.

Mouch ki mouch, lè i té ka pasé bò’y

Té ka twousé nen’y, tèlman I té ka santi.

Men moun koumansé raché fèy li

Pou fè tout kalté rimèd,

é i toujou rété piti kon an zèb.

 

 

 

 

GÒGÒ épi KAYALI

 

Zibyé lé pli konparéson ki ni

Sé gògò épi kayali.

Sèl dlo gògò ka brè sé dlo lapli.

Kantapou kayali

Tout pwason i jwenn ka santi.

I ka rété an kawdè anlè chak pat li

Pou lè i pozé lòt la, i pa sali.

 

 

 

 

KOULIBRI

 

Dépi solèy lévé

Jiskatan i kouché

Koulibri imobil ka véyé :

Soujilé rouj, kòstim nwè,

Ridengòt vèw, sé an bòdzè.

Doubout dwèt kon an pitjèt

I ka gadé toupatou.

Dépi an zibyé parèt

I ka alé ba’y kou.

I anfas an pyé fig ki jété:

Sé ti flè-a plen dlo sikré,

sé pou madanm li ki ka kouvé.

 

 

 

 

 

3 - OUIE

 

        La plupart des connaissances que nous acquérons sur les choses,

nous viennent par les yeux

Nos autres sens sont alertés et nous transmettent des sensations, qu’il faut apprendre à

nommer et à  caractériser.

 

Les bruits et les sons

 

        L’ouie nous permet : d’entendre, d’écouter : on prête ou on tend l’oreille ; on perçoit, on distingue les bruits ; on a l’oreille fine ou dure.

a)Les sons :  se font entendre, résonnent, retentissent, roulent

sont répercutés…ils sont : forts, intenses, ou faibles, légers, nets et clairs, étouffés, sourds, perçants, aigus, stridents, graves, mats, on les dit   : cuivrés, argentins, flûtés, cristallins.

   b)  On les nomme : bruissement, frôlement, murmure, plainte, rumeur, quand ils sont faibles ;- fracas, tapage, vacarme, tintamarre, charivari, brouhaha, clameur, quand ils sont forts.

  c)  d’après les objets qui les produisent :nos trouvons : tinter, clapoter, claquer, grincer, siffler,  détoner, exploser,crépiter,

pétiller. 

d) la parole et la musique.

       Le jeune enfant vagit, gazouille, babille, balbutie ;

       L’homme parle, cause, explique, expose, pérore, plaide

        prêche.

        Il peut bavarder, caqueter, jaboter, jacasser, crier,  criailler,

        brailler, piailler, clamer, hurler, ; soupirer, gémir,

        se plaindre, geindre. 

e) On l’entend : appeler, héler, s’exclamer, interpeller, invoquer,

répondre, répliquer, riposter.

mais aussi : murmurer, marmotter, gronder, grommeler, chuchoter

souffler. 

 f) il lui arrive de : bégayer, de grasseyer, de nasiller, de bredouiller.

g) sa voix peut-être : forte, faible, nette, claire, sourde, voilée, perçante, aigue, grave, rude, aigre, douce, calme, tremblante.

g) il chante : juste, faux, il fredonne, entonne, détonne.

La Basse, le Baryton, le Ténor sont des voix d’homme.

Le Contralto, le Soprano des voix de femme  

 

 

Amusons-nous   et donnons du sens à :

 

 prêter l’oreille…..avoir l’oreille fine…..avoir l’oreille dure……faire la sourde oreille….avoir l’oreille juste…..avoir l’oreille basse…..ouvrir les oreilles….se faire tirer l’oreille.       

 

 

PONPON SOLDA

 

 

Lè ponpon anvayi an pyès tè,

Ou sé di sé an défilé militè

Wonz Novanb enben katòz juiyé.

Men lè ou gadé di pli pré,

Ou ka wè chak sòlda ka pòté

Ponpon chapo moun i tjwé

Planté asou an bayonnèt,

Kon dòt té ni kolyé

Zorèy enben ti dwèt,

Lè yo sòti ladjè.

Pas ponpon sé sèl zèb

Ki ka pòté plizyè flè

Yonn anlè lòt asou an pitjèt.

 

 

 

 

 

4- Le  Toucher

 

        Les sensations du toucher sont celles que perçoivent nos mains,

 nos pieds, mais aussi toute notre peau au contact de l’air, de l’eau,

 des objets divers qui nous environnent.

 

Le  toucher est donc un sens explorateur très important.

 

        Toucher légèrement c’est : frôler, effleurer, caresser, raser ; toucher pour se rendre compte, pour obtenir un résultat, c’est : tâter, palper, manier, manipuler, frotter, frictionner, masser, froisser.

a)    Les corps ont une surface : unie, lisse, polie, irrégulière,  raboteuse, crevassée, rugueuse, râpeuse,  rude.

elle est plane, bombée, bossuée, ondulée, arrondie.

sa douceur peut-être : satinée, veloutée, pelucheuse, cotonneuse, moelleuse

b)    Un contact qui adhère : est collant, visqueux, poisseux, gras, huileux, savonneux, gluant.

c)    La consistance : se révèle : ferme, molle, flasque, élastique, souple flexible, dure, raide, rigide, tendre, friable, dure, résistante.

d)    La température d’un corps est : glaciale, froide, fraîche, tiède, chaude,

brûlante.

 

Amusons nous et donnons du sens à

 

 

Donner un coup de main…donner un coup d’œil…avoir un coup de sang…faire un coup de tête…faire un coup d’état…faire un coup d’essai…

 

Recevoir un coup de téléphone…..faire un coup de maitre..donner un coup de chapeau..avoir un coup de soleil…donner le coup de grâce….manquer son coup..assister à un coup de théâtre….un coup de langue.

 

ZÒTI

 

 

Roy mwen maché an zòti

Difé pri, difé pri

I ka brilé, i ka graté

Pisé anlè’y, pisé

Pou gratèl-la pasé.