ENFANT PERDU
(Guilaine JOCK - 3ème C, le 27 avril 1993)
Bleu turquoise sont tes yeux,
Rose pur sont tes espérances.
Et de là où tu viens, y a-t-il un Dieu
Qui puisse avec compassion voir tes souffrances ?
Cet enfant qui passe, le sourire aux lèvres,
Des joues gonflées de caresses passées.
Et sa mère qui comme un trésor le protège,
Semble avoir le plus beau des rubis à sa portée.
Pourquoi ne peux-tu pas, comme lui, même une fois,
Partager cet instant qui semble si doux ?
Toi, toujours enfermé dans ce trou noir
Où il y a de jour en jour beaucoup plus de houx.
T'a-t-on accueilli pour l'argent ?
La seule drogue qui semble rendre heureux en ce bas monde !
Pourquoi t'avoir laissé voir le jour dans cette vie de douleur,
Au lieu de te tuer à petit feu ?
Ils t'ont transformé en petit sujet
Sur lequel on pique toute colère ;
Ils t'ont enfermé comme un déchet,
Dans un brouillard de doute et de peine.