QU'ELLE EST TRISTE Ô LA BELLE !

(Serge RESTOG)

                                                         Mai 1966

 

   Qu'elle est triste O la belle !

   Elle se morfond et se plonge

   Dans des rêveries inhabituelles.

   Elle ne vit plus, elle se ronge,

   Elle se ronge le corps, elle se ronge le cœur.

   Elle a une mine à faire peur.

   O la belle ! dis-moi

   A quoi penses-tu, je t'en prie ?

   Crois-moi.

   Je garderai ce secret pour moi tout seul ;

   Je serai comme la tombe de mon aïeul :

   C'est-à-dire muet, muet, muet.

   Oh ! Oh ! je crois l'avoir trouvé ce mystère.

   On le voit d'un clin d'œil, il se pend à ton nez,

   Il scintille dans tes yeux de fée,

   Il se cache dans ton cœur,

   Dans ta voix, dans ton ardeur.

   Oui, je le connais. C'est ce mal qu'est l'Amour.

   Ce mal à qui on ne peut pas jouer de tours.

   Est-ce vrai ce à quoi je pense ?

   Oui, je l'entends gémir dans ton silence.

 

                                                               © Serge RESTOG 1981

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